Ce cours a pour objet de présenter aux étudiants des œuvres photographiques contemporaines et de leur fournir des éléments d'analyse et de réflexion critique fondés sur des enjeux esthétiques, historiques et philosophiques. L'évaluation des étudiants portera sur leurs connaissances et la maitrise des exercices du commentaire d'image et de la dissertation.

Jeudi 10h-12h

 

Proposé en licence 3, ce cours se veut une simple introduction, susceptible de familiariser les étudiants avec des notions et méthodes dont ils/elles pourraient notamment tirer profit dans leurs mémoires de recherche à venir. Ils/elles y sont invité.e.s, au titre du travail de contrôle continu (50 %), à travailler sur un (petit) corpus choisi en accord avec l’enseignant (fiction littéraire, film, série, œuvre picturale, roman graphique, etc.) et soumis à une « question de genre ». Une bibliographie sélective générale est distribuée en début d’année, mais chaque étudiant.e, après son choix de dossier (10000 signes env.), se voit proposer des compléments adaptés à son sujet. Il est également possible de proposer un compte rendu critique d’une série d’articles ou d’essais sur un même objet. L’examen de contrôle final (50%) est un sujet de réflexion en temps limité, à partir d’une citation à commenter ou, au choix, un commentaire de texte théorique appelant des illustrations en littérature et arts.

Les études dites de « genre » se caractérisent aujourd’hui par une certaine dispersion d’objets et d’approches disciplinaires. Dans le domaine littéraire, elles concernent en outre essentiellement la période de la modernité ouverte par 1789. Le cours se veut l’occasion de se demander quelle peut être la pertinence, pour la littérature, notamment (mais sans exclusive) celle dont le contexte est celui de l’Ancien Régime, des méthodes et interprétations dits du « genre » venus, pour l’essentiel, d’une analyse sociale et anthropologique, et dans des cadres plutôt modernes et contemporains. Le « genre » se proposera donc ici comme « catégorie d’analyse » (Scott) mise à l’épreuve de son utilité. Quel profit l’appréhension des œuvres de la littérature et ses arts peut-elle en tirer ?

On partira de la pluralité assumée des approches, loin de l’unité dogmatique d’une supposée « théorie du genre » qui sert d’épouvantail politique et moral à une propagande simplificatrice. Si le « genre » vient signifier la nécessité d’interroger les fondements de la différence sexuelle pour en faire valoir la part du construit, dans le temps et dans l’espace où s’élaborent les cultures et leurs mises en ordre (social, économique, politique, épistémologique et symbolique), justifiant ainsi l’analyse des processus et des opérations qui « genrent » le sexe, les études qui s’en réclament situent leur objet à des niveaux divers qu’il conviendra d’identifier.

Des historiennes comme Joan Scott (« déstabiliser la notion de fixité, porter au jour la nature du débat ou de la répression qui a conduit à donner à la représentation binaire du genre l’apparence d’une permanence intemporelle », 1986) ou Geneviève Fraisse (« L’historicité de la différence des sexes pourrait être un fil conducteur – une historicité comme critique des représentations atemporelles des sexes autant que comme repérage des sexes dans la fabrique de l’Histoire », 2004) s’accordent avec une philosophe comme Elsa Dorlin (« historiciser les identités, les rôles et les attributs symboliques du féminin et du masculin », 2005) s’entendent sur l’importance de l’historicité : en somme, pour paraphraser Simone de Beauvoir, on ne naît ni « femme » ; ni « homme », on le devient. Ces positions évoquent toutefois la part des représentations, qui intéresse certes le littéraire et ouvre sur des modes de lecture des textes et des images ; mais une chose est d’interroger les configurations du masculin et du féminin, ou encore les « masculinités », dans telle ou telle œuvre, une autre est de prendre en compte, dans l’appréhension des variétés et des variations de la différence sexuelle, « l’effet d’une relation asymétrique, d’un rapport de pouvoir » (E. Dorlin). L’un des enjeux serait alors de ne pas neutraliser le sens politique des représentations genrées, en évacuant la part de l’asymétrie. L’apport de l’anthropologie apparaît ici capital (voir notamment Françoise Héritier, Masculin/Féminin, 2 : Dissoudre la hiérarchie, 2002) : c’est la bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes qui apparaît alors comme un système dont il importe de comprendre ce sur quoi il est fondé, et quels effets il induit. Ce système est désigné par le singulier du genre (et non des genres, comme on le voit parfois : le pluriel tend à semer la confusion avec celui des sexes et des « groupes de sexe », tels que permettent de les envisager sociologie et anthropologie).

Les études de genre interrogent donc les rapports de sexe et les identités sexuées. Il n’existe pas de consensus sur la manière d’articuler ces deux plans (relationnel et identitaire). Par exemple, le courant queer (Judith Butler, Trouble dans le genre, 1990) analyse « l’hétéronormativité » comme dispositif unifié de la discipline des individus dans la triple assignation du sexe biologique, du genre et de l’orientation sexuelle, mais la radicalité politique du féminisme matérialiste d’inspiration marxiste a pu juger que l’approche identitaire, outre qu’elle privilégie peut-être le niveau des symbolisations et des discours[1], néglige trop la prévalence de la structure de domination (voire d’oppression) homme/femme. L’anthropologue Nicole-Claude Mathieu préférait ainsi la catégorie de « rapports sociaux de sexe » à celle de genre. Elle avait également pointé, à l’heure des premiers bilans sur l’histoire des femmes, dont Michelle Perrot fut un fer de lance à Paris-Diderot dans les années 70-80, le danger de l’approche seulement identitaire susceptible d’effacer le réel politique et « matériel » du relationnel : « Il ne s’agit pas tellement de chercher les femmes ‘derrière’ les formes sociales manifestes, mais de voir dans les structures sociales étudiées, la signification de leur absence. » (L’Arraisonnement des femmes, 1985, nous soulignons). Les apports de l’intersectionnalité, qui croise classe, race, sexe, montrent toutefois que l’identitaire et le relationnel peuvent se conjuguer pour décrire efficacement des effets de pouvoir.

Il faut non seulement admettre cette hétérogénéité du « genre », imputable à une histoire complexe, à la fois scientifique et politique, des idées, des groupes et des transferts culturels, mais tâcher d’en faire l’atout d’une plasticité productive, en intégrant au mieux les enjeux des controverses qui la nourrissent. Pour les littéraires, les études de genre sont d’abord une manière de prendre conscience de nos propres évidences genrées de lecture des textes et de sélection canonique entre œuvres mémorables ou non, majeures ou pas. Mais elles sont aussi une façon de rendre compte de dispositifs fictionnels et narratifs qui, au niveau de l’imaginaire, sont, comme l’écrivait Monique Wittig à propos de Proust, de vraies petites « machines de guerre » (« Le cheval de Troie », 1984) qui viennent inquiéter ce qu’Elsa Dorlin appelle pour sa part « l’empire du sexe ».

Entre cette contribution à la fonction critique de l’œuvre d’art et le fait que les études de genre, en acquérant une reconnaissance académique, se dépolitisent sans doute d’autant moins qu’elles ont toujours à se situer relativement à des contestations ayant fort à faire avec des positions (ou des postures) de pouvoir, l’inscription du cours dans le cadre d’une UE intitulée « Littérature et pensée politique » n’a pas dû paraître totalement impertinente. Il ne faut pas oublier que, comme Laure Bereni l’a rappelé récemment, le genre incorpore « la tension entre savoirs savants et critique politique héritée de la tradition des études féministes » (2014).

 

Florence Lotterie

Accompagnement bibliographique général

 

Pour faire un point synthétique sur le « genre » :

Bereni, Laure et Trachman, Mathieu, Le Genre, théories et controverses, Paris, PUF, 2014. [L’entretien qui s’y trouve est disponible en ligne et propose une synthèse des enjeux de ce champ de recherche et de réflexion très éclairant : http://www.laviedesidees.fr/Genre-etat-des-lieux.html]

Berger, Anne E., « Petite histoire paradoxale des études dites de genre en France », dans Le Français d’aujourd’hui, « Genre, sexisme et féminisme », n° 163, Sèvres, Association française des professeurs de français, 4e trimestre, décembre 2008, p. 83-91.

Cahiers du genre, n° 34, 2003/1 : « La distinction entre sexe et genre ».

Fraisse, Geneviève, « Sexe/Genre, Différence des sexes, Différence sexuelle », dans Vocabulaire européen des philosophie : dictionnaire des intraduisibles, Barbara Cassin (dir.), Paris, Éditions du Seuil-Le Robert, 2004, p. 1154-1158.

Lagrave, Rose-Marie, « Recherches féministes ou recherches sur les femmes ? », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 83, p. 27-39. [Numéro en ligne sur PERSÉE]

Laufer, Laurie et Rochefort, Florence, Qu’est-ce que le genre ? Paris, Payot, 2014.

Planté, Christine, « Genre, un concept intraduisible ? », dans Le Genre comme catégorie d’analyse : sociologie, histoire, littérature, Paris, l’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », 2003, p. 127-136.

 

Quelques articles classiques et fondateurs :

Delphy, Christine, « Penser le genre : quel problèmes ? », dans Sexe et genre, De la hiérarchie entre les sexes, Paris, Seuil, 1991. [Repris dans L’Ennemi principal, 2]

Derrida, Jacques, « La loi du genre », Glyph, n° 7, 1980, p. 176-201.

Kergoat, Danièle, « Le rapport social de sexe. De la production des rapports sociaux à leur subversion », Actuel Marx, n° 30, 2001, p. 85-100.

Mathieu, Nicole-Claude, « Notes pour une définition sociologique des catégories de sexe » [1970] et « Quand céder n’est pas consentir. Des déterminants matériels et psychiques de la conscience dominée des femmes » [1985], dans L’Anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Côté-Femmes, 1991.

Planté, Christine, « La confusion des genres », dans Sexe et genre, op. cit.

Scott, Joan, « Le genre, une catégorie utile d’analyse historique », Les Cahiers du GRIF, n° 37-38, 1988, p. 125-153.

Id., « Le genre : une catégorie d’analyse toujours utile ? », Diogène, 225, 2009/1 [Disponible sur CAIRN].

Liens utiles :

http://www2.univ-paris8.fr/RING/: Fédération française sur le genre

http://www.institutemilieduchatelet.org: Institut Émilie du Châtelet, recherches sur les femmes, le sexe et le genre

http://www.efigies.org: EFiGiES, Association internationale de jeunes chercheur.e.s en études féministes, genre et sexualités.

http://plurigenre.hypotheses.org: Action structurante PLURIGENRE de Paris-Diderot.

Quelques revues indispensables en ligne :

http://cedref.revues.org

http://cahiers_du_genre.pouchet.cnrs.fr

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/grif

http://clio.revues.org

https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes.htm

http://gss.revues.org

 

Bibliographie complémentaire analytique

 

1. Généalogies féministes

Classiques

Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, Paris, Gallimard, 1949.

Christine Delphy, L’Ennemi principal, Paris, Syllepses, 1998-2001.

Geneviève Fraisse, La Raison des femmes, Paris, Plon, 1992.

Id., La Différence des sexes, Paris, PUF, 1996.

Michèle Le Doeuff, Le Sexe du savoir, Paris, Aubier, 1998.

Nicole-Claude Mathieu, L’Anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe, Paris, Côté-femmes, 1991.

Paola Tabet, La Construction sociale de l’inégalité des sexes, Paris, L’Harmattan, 1998.

Féminisme, droits civiques, démocratie

Catherine Achin et alii (dir.), Sexes, genre et politique, Paris, Economica, 2007.

Nancy Fraser, « Multiculturalisme, anti-essentialisme et démocratie radicale. Genèse de l’impasse actuelle de la théorie féministe », Cahiers du genre, n° 39, p. 27-50.

Carole Pateman, Le Contrat sexuel, Paris, La Découverte, 2010 [1988].

Éléni Varikas, « Droit naturel, nature féminine et égalité des sexes », L’Homme et la société, n° 85-86, 1987, p. 98-111. [PERSÉE]

Rapports de sexe/Dominations/exploitations

Pierre Bourdieu, La Domination masculine, Paris, Seuil, 1998.

Virginie Despentes, King Kong théorie, Paris, Grasset, 2006.

Geneviève Fraisse, « À côté du genre », dans Masculin-Féminin, Paris, La Découverte, 2004.

Catherine McKinnon, « Sexuality », Raisons politiques, n° 46, 2012/2, p. 101-130. [CAIRN]

Kate Millett, La Prostitution. Quatuor pour voix féminines, Paris, Denoël, 1972.

Gayle Rubin, « Le marché aux femmes. Économie politique du sexe et systèmes de sexe/genre », repris dans Surveiller et jouir. Anthropologie politique du sexe, Paris, EPEL, 2010.

Paola Tabet, « La banalité de l’échange », Genre, sexualité & société, n° 2, 2009 : « Actualité des échanges économico-sexuels » [En ligne sur Revue.org].

 

2. Genre et « histoire des femmes »

Cahiers du Grif (Les), n° 37-38, 1988 : « Le Genre de l’histoire ».

Irène Jami, Femmes et hommes dans l’histoire : enseigner une histoire mixte, Paris, Belin, 2010.

Michelle Perrot, Les femmes ou les silences de l’histoire, Paris, Flammarion, 1998.

Michèle Riot-Sarcey, « L’historiographie française et le concept de genre », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 47, 2000/4, p. 805-814. [CAIRN]

Françoise Thébaud, Écrire l’histoire des femmes, ENS Editions, Fontenay-Saint-Cloud, 1998.

Eleni Varikas, Penser le sexe et le genre, Paris, PUF, 2006.

Vingtième Siècle, n° 75, 2002/3 : « Histoire des femmes, histoire des genres ». [CAIRN]

 

3. Dissidences et minorités sexuelles

Homosexualités

Didier Éribon, Réflexions sur la question gay, nouvelle édition, revue et augmentée, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2012 [1999].

Id. (dir.), Les Études gay et lesbiennes, Paris, Centre Georges Pompidou, 1998.

Michel Foucault, L’Usage des plaisirs, Paris, Gallimard, 1984.

David Halperin, Cent ans d’homosexualité et autres essais sur l’amour grec, Paris, EPEL, 2000.

Guy Hocquenghem, Le Désir homosexuel, Paris, Fayard, 2000 [1972].

Adrienne Rich, « Compulsory heterosexuality and lesbian existence », Signs, vol. 5, 1980/4, p. 631-660.

[En ligne : https://readthenothing.files.wordpress.com/2010/10/richcompulsuryhet.pdf]

Eve Kosofsky-Sedgwick, Épistémologie du placard, Paris, Amsterdam, 2008 [1990].

Louis-Georges Tin, L’Invention de la culture hétérosexuelle, Paris, Autrement, 2008.

Monique Wittig, La Pensée straight, Paris, Amsterdam, 2007 [2001].

Subversions de genre : travestissements, « camp », queer studies

Marie-Hélène Bourcier, Queer zone : politique des identités sexuelles et des savoirs, Paris, Amsterdam Poches, 2011 [2001].

Vern et Bonnie Bullough, Cross dressing, Sex and Gender, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1993.

Id. (dir.), « Q comme Queer », Cahiers Gay Kitsch Camp, Lille, 1999.

Judith Butler, Trouble dans le genre, Paris, La Découverte, 2005.

Clio, n° 10, 1999/2 : « Femmes travesties : un ‘mauvais’ genre ».

Sylvie Steinberg, La Confusion des sexes. Le travestissement de la Renaissance à la Révolution, Paris, Fayard, 2001.

L’intersexualité

Judith Butler, « Rendre justice à David : réassignations de sexe et allégories de la transsexualité » et « Dédiagnostiquer le genre », dans Défaire le genre, Paris, Amsterdam, 2006.

Elsa Dorlin, « Sexe, genre et intersexualité : la crise comme régime théorique », Raisons politiques, n° 18, 2005, p. 117-137.

Éric Fassin, « L’empire du genre. L’histoire politique ambiguë d’un outil conceptuel », L’Homme, n° 187-188, 2008, p. 375-392. [En ligne]

Anne Fausto-Sterling, Les cinq sexes. Pourquoi mâle et femelle ne sont pas suffisants, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2013.

Michel Foucault, « Le vrai sexe », Arcadie, n° 323, 1980 [repris dans Dits et écrits, IV]. En ligne : http://1libertaire.free.fr/MFoucault252.html

Thomas Laqueur, La Fabrique du sexe. Essai sur le corps et le genre en Occident, Paris, Gallimard, 1992.

Laure Murat, La Loi du genre. Une histoire culturelle du « troisième sexe », Paris, Fayard, 2006.

Psychanalyse vs genre et queer : controverse sur la différence des sexes et l’identité sexuée (normes et assignations)

Dany-Robert Dufour, « Il n’y a pas d’indistinction sexuelle », Eres, n° 10, 2002/2, p. 5-24 ([CAIRN].

Michel Foucault, La Volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976.

Sabine Prokhoris, « Le voisinage des sexes », dans Le Sexe prescrit, Paris, Aubier, 2000.

Intersectionnalité

Raewyn Connell, « Hégémonie, masculinité, colonialité », Genre, sexualité & société, n° 13, 2015 : http://gss.revues.org/3429

Cahiers du CEDREF, n° 20, 2015 : « Intersectionnalité et colonialité. Débats contemporains ».

Angela Davis, Femmes, race et classe, Paris, Des Femmes, 2007 [1981].

Elsa Dorlin (éd.), Sexe, race, classe : pour une épistémologie de la domination, Paris, PUF, 2009.

Id., Black Feminism. Anthologie du féminisme africain-américain. 1975-2000, Paris, L’Harmattan, 2008. [Voir notamment l’introduction].

Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de Nature, Paris, Côté-femmes, 1992.

Nouvelles Questions Féministes, n° 25, 2006/3 : « Sexisme, racisme et postcolonialisme ».

 

4. Masculinités

Raywyn Connell, Masculinités. Enjeux sociaux de l’hégémonie, Paris, Amsterdam, 2014 [1995].

Alain Corbin et alii (dir.), Histoire de la virilité, Paris, Seuil, 2011.

Demetrakis Demetriou, « La masculinité hégémonique : lecture critique d’un concept de Raywyn Connell », Genre, sexualité & société, n° 13, 2015 [2001] : http://gss.revues.org/3546

Gary Ferguson (dir.), L’Homme en tous genres. Masculinités, textes et contextes, Itinéraires, n° 1, 2008 [En ligne].

Georges Mossé, L’Image de l’homme : l’invention de la virilité moderne, Paris, Abbeville, 1996.

Daniel Parrochia, Inventer le masculin, Seyssel, Champ Vallon, 2013.

Régis Révenin (dir.), Hommes et masculinités de 1789 à nos jours, Paris, Autrement, 2007.

 

 

5. Genre comme catégorie d’analyse

Raphaël Baroni et Marielle Macé (dir.), Le Savoir des genres, Presses Universitaires de Rennes, 2007. [Précieux pour l’application à la littérature, aux arts, au cinéma et aux séries].

Cécile Chamayou-Kuhn et alii (dir.), Le Lieu du genre. La narration comme espace performatif du genre, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2011.

Nancy K. Miller (dir.), The Poetics of Gender, New York, Columbia University Press, 1986.

Nouvelles Questions féministes, vol. 22, 2003/2 : « Féminisme et littérature ».

Delphine Naudier, « Genre et activité littéraire : les écrivaines francophones : Introduction », Sociétés contemporaines, n° 78, 2010/2 [précieux état de l’art sur la question des carrières littéraires « genrées », CAIRN].

Eve Kosofsky Sedgwick, Between Men, Male Homosocial Desire and Literature, New York, Columbia University Press, 1985.

Elaine Showalter, Speaking of gender, New York, Routledge, 1989.

Anne Tomiche  et Pierre Zoberman (dir.), Littérature et identité sexuelle, Paris, SFLGC, 2007.

Anne Tomiche et alii, Fictions du masculin dans les littératures occidentales, Paris, Classiques Garnier, 2014.

 

Quelques exemples d’application d’approches de genre aux textes littéraires que vous pouvez lire en ligne :

Cédric Corgnet, « Une masculinité en crise à la fin du XVIIe siècle ? La critique de l’efféminé chez La Bruyère », Genre & Histoire, n° 2, 2008 : http://genrehistoire.revues.org/249

Charles Porter, « Restif de La Bretonne et le ‘premier’ personnage homosexuel de la littérature française », dans Olga B. Cragg avec la collaboration de Rosena Davison (éd.), Sexualité, mariage et famille au XVIIIe siècle, Québec, Presses de l’Université Laval, 1998, p. 3-9.

Christine Planté, « Le Genre des genres », Cahiers du CEDREF, n° 1, 1989.

« Y a-t-il une histoire littéraire des femmes ? », LhT Fabula, n° 7, 2010.

 

 



[1] Voici, par exemple, comment une critique féministe juge à distance les théoriciennes du déconstructionnisme queer comme Butler : « Elles se souciaient moins de savoir comment le genre est façonné par d’autres catégories de différence dans la réalité sociale et matérielle de la vie des femmes, que de trouver le moyen d’abandonner complètement la pensée catégorielle » (Cahiers du CEDREF, 2015). Autrement dit, l’intérêt pour l’effacement de la différence des sexes a fait oublier la matérialité politique des rapports de pouvoir, qui croisent d’ailleurs le sexe à d’autres catégories de la domination (intersectionnalité).